Nos enfants liront-ils Balzac sur numérique ?

A la fin de l’année 2009, Amazon.com a annoncé avoir vendu davantage d’exemplaires de livres numériques que de livres papier sur son site… grâce à la liseuse Kindle. Cette liseuse peut télécharger un livre en moins d’une minute avec une connexion 3G, mais permet aussi la lecture de journaux, ou magazines. La stratégie d’Amazon.com est de faire que le Kindle soit à  l’édition ce que l’iPod est à la musique : le support numérique de référence.

La concurrence fait rage ! Et pour lire ces livres numériques, les firmes américaines développent Ardoises, Tablettes, Smarthbooks, Netbooks… et même des bibliothèques numériques, à l’image d’Apple qui lance iBooks, concurrent direct de Kindle.

Seulement voilà, est-ce que nous sommes tous prêts à lire sur un écran numérique réputé sans reflet ? Une enquête OpinionWay réalisée pour le Figaro Littéraire en mars 2010 (auprès d’un échantillon de 1000 personnes de 18 ans et plus) révèle que 96% des personnes interrogées lisent sur support… papier ! Et 1% via un support électronique comme une console Kindle ! Et quand on demande à l’échantillon sur quel support il pourrait lire un livre, en deuxième intention, 61% des personnes interrogées répondent sur… aucun autre support. Autrement dit, c’est papier ou rien !

Ces mêmes personnes estiment qu’à l’avenir elles seront 77% (moyenne homme/femme) à continuer, dans le futur, à lire sur support papier, et 11% (contre 7% actuellement) sur un écran d’ordinateur et 7% sur une console comme Kindle.

Certes, Amazon s’enorgueillit d’un nombre d’achats de livres numériques supérieur au papier, mais cette révolution doit toutefois  dépasser un enjeu de taille : l’appel de couverture ! Et oui, les bonnes vieilles recettes de la com’ papier ont toujours du bon ! Certes, on n’achète pas un livre uniquement pour sa couverture, mais le monde de l’édition s’accorde pour dire qu’une couverture attractive donne plus de chance à un livre de sortir du lot. Car on sait depuis plusieurs années que ce marché est saturé ou encombré, comme on voudra, par plétore de nouveaux auteurs et nouveaux genres, dans lesquels nous, simples lecteurs, avons parfois du mal à faire le tri, quand bien même nous aimons lire ou sommes tout simplement curieux par nature.

Alors comment faire avec le numérique ? Et bien, de la pub ! Merci Google. Et des réseaux sociaux ! Merci Facebook, Twitter et compagnie… parce que le buzz fonctionnera dare dare…

Mais avant d’en arriver là, le livre papier aura encore quelques beaux jours devant lui. Qu’est-ce qui peut remplacer le plaisir du contact avec un livre qu’on découvre, qu’on aime, qu’on manipule, qu’on garde sur la table de nuit plusieurs jours ou semaines de suite, qu’on annote, qu’on range sur une étagère de la bibliothèque et que notre regard croise parfois avec nostalgie ?  Rien. Chaque livre nous plonge dans une période de notre vie, et le numérique ne nous renverra jamais cela.

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Une réflexion au sujet de « Nos enfants liront-ils Balzac sur numérique ? »

  1. Et tu n’as pas parlé de l’odeur du papier ! Le parfum d’alcool et d’amande de certains livres neufs, ou l’odeur de champignon des vieux bouquins des bouquinistes…
    Cela dit, peut-être un jour m’achèterai-je un i-book, juste pour pouvoir transporter plusieurs livres dans un volume réduit et plus léger quand je dois voyager ou tout simplement prendre le métro.
    Mais pour lire dans mon lit, sur mon canapé au coin du feu, dans mon jardin ou sur la plage, je suis d’accord, rien ne remplacera le papier !

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