Relations presse et Internet : le désamour ?

Voilà plusieurs mois que je lis des papiers sur la difficile relation entre les Relations presse et Internet. Des sites offrent des mises en ligne de communiqués presse sans « contrôle » dirais-je…

J’entends par « contrôle » le fait qu’un communiqué puisse être publié  non par un professionnel des relations presse mais par un marketeur. Un beau métier certes, mais qui n’a strictement rien à voir avec celui qui consiste à diffuser une information objective rédigée par un professionnel de la communication presse pour les journalistes, qui en reprendront la substance pour en faire un papier « digne de ce nom ». Toute la différence est entre l’objectivité d’un côté et la subjectivité de l’autre.

Vendre ou informer, deux métiers différents

On sait très bien que le marketing est fait pour vendre, les Relations presse pour informer… normalement. La confusion des genres sur le net avec la montée en puissance de l’information à connotation marketing est engendrée par la nécessité ou la volonté, pour une entreprise, d’avoir un référencement et une visibilité hors pair sur le Web ! Les moteurs de recherche sont donc… responsables… mais pas coupables ? C’est l’éternel question de la poule et de l’oeuf. Fait-on des Relations presse à connotation marketing pour être mieux référencé, ou est-ce que pour être mieux référencé il faut faire des Relations presse à connotation marketing ?

Dernièrement, l’Ujjef Paris s’est penchée sur la question en y relatant le témoignage très intéressant de Greg Manset. Ce spécialiste dénonce une dérive que les « vrais communicants » constatent depuis un bon moment : l’information jetée en pâture sur Internet est incontrôlable ! Les Relations presses classiques, elles, sont à priori contrôlables.

Je viens d’avoir un contact avec un prospect qui illustre parfaitement les dérives des Relations presse sur Internet. Celui-ci lance un nouveau site Internet marchand. Il souhaite une aide rédactionnelle pour son site. Pas de problème. J’évoque avec lui les Relations presse : informer la presse spécialisée de ce nouveau site, ses objectifs, ses services, son positionnement… Mais le prospect m’arrête : je confie cela à une agence Web qui intègre cette prestation dans son plan média. Ah bon ? Je connais cette agence, elle n’est absolument pas spécialisée dans les Relations presse ! Mais qu’importe, ce prospect aura des communiqués rédigés au lance pierre sans fond documentaire, comme on dit en jargon journalistique ou de communicant, bourrés de mots clefs, qui feront la joie des moteurs de recherche. De la stratégie, point, de la poudre aux yeux, plein.

Les métiers ne s’amalgament pas. Un marketeur n’est pas un journaliste. Faire de la pédagogie auprès des entreprises clientes est bien sûr toujours possible. Mais rattrapées par la suprématie du Web, combien de temps nous reste-t-il pour le faire ?

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5 réflexions au sujet de « Relations presse et Internet : le désamour ? »

  1. Entièrement d’accord avec toi Laurence !
    Aujourd’hui les « référenceurs » (dont les profils sont purement techniques !) s’imposent dans ce qu’on appelle des RP en ligne. Cela n’a en fait rien à voir avec des relations presse classiques : on ajoute liens et mots-clés à une page de texte sans queue ni tête et on arrive en tête des classements Google.
    Bien évidemment, cela ne permettra jamais d’attirer l’attention des journalistes de la presse écrite.
    Je crois qu’avant tout il y a un problème de vocabulaire : si on veut être présent dans la presse traditionnelle (presse écrite, télé, radio) on ne peut pas se couper des relations presse classiques, avec communiqué (« informatif et documenté », comme tu le précises parfaitement) écrit dans les règles de l’art et dossier de presse le cas échéant. Si l’on souhaite seulement être visible en ligne (c’est un choix qui peut parfaitement se comprendre !), on peut très bien confier son « référencement à un référenceur » et en être tout à fait satisfait.
    Pour ce qui concerne Greg Manset, je suis une utilisatrice convaincue de son site CategoryNet et j’apprécie qu’il ne participe à cette « bataille des liens »… même si j’entends désormais autour de moi des pro des RP dire « c’est dommage que ce site ne prenne pas en compte les liens ». C’est pourtant une aberration si l’on parle de relations presse !

  2. Personnellement, cette dérive du métier de communicant, une de plus sur un métier de plus, ne me plaît guère. J’ai l’impression parfois de faire partie d’une race en voie d’extinction avec mon souci de vouloir faire les choses dans les règles de l’art.
    Heureusement que je rencontre des personnalités comme toi Isabelle, dans notre métier, et qui me rassure, parce que nous sommes sur la même longueur d’onde !

  3. Je trouve que tu as absolument raison ! Pour ma part, je connais plus d’un journaliste qui ne prête absolument aucune crédibilité à ce type de RP… Les clients ou prospects dans ton cas ne voient que les économies qu’ils sont en train de réaliser qui s’avèreront sur le long terme être de très mauvais investissement.

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