Jean d’Ormesson : « C’est une chose étrange à la fin que le monde »

C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis procurée le dernier ouvrage de Jean d’Ormesson : « C’est une chose étrange à la fin que le monde ».

La jeune libraire me tend le roman en  précisant : « ça cartonne, allez-y ! », comme si j’étais prise d’hésitations… Pff… Mais non, chère madame, je n’hésite pas une seconde à me plonger dans le nouveau roman de ce grand académicien qui est un des rares écrivains, comme Barbey d’Aurvilly par exemple, à me tenir en haleine sous sa plume à une heure avancée de la nuit. Il est, lui, mais c’est un pléonasme que de l’écrire, un grand écrivain, une espèce hélas en voie de disparition. Voilà, c’est dit, ne me parlez pas d’Amélie Nothomb, de Yann Queffélec, ou de Marc Levy…

Jean d'Ormesson, l'académicien qui se pose la question : "c'est une chose étrange à la fin que le monde"

Un philosophe qui interpelle le lecteur avec fraîcheur, voire naïveté…

J’aime la fraîcheur des propos de Jean d’Ormesson qui nous le rend proche et sympathique. Pour moi, c’est ça l’intelligence. Cet écrivain me fait penser à un enfant qui nous ferait partager sa culture immense de la science, des hommes, des civilisations, de l’Histoire avec un H, assez naïvement, dans un style sans fard, sans prétention, sans superlatif inutile, parfois même en plaisantant, bref, comme s’il y avait un dialogue entre lui et le lecteur. C’est admirable de lecture. Bon, certains le classent comme un papy un peu radoteur, et alors ? Au moins, les questions que soulève Jean d’Ormesson nous retournent et nous mettent les neurones en ébullition, au lieu de nous les endormir.

Dans ce dernier ouvrage, Jean d’Ormesson reprend ses thèmes de prédilection que l’on retrouve disséminés dans plusieurs de ses romans et notamment dans « C’était bien », mais cette fois-ci, il s’y consacre pleinement, sur près de 300 pages  : pourquoi le monde ? Pourquoi la vie ici sur terre et pas ailleurs ou peut être ailleurs et comment ? Dieu existe-t-il ? Comment avons-nous fait pour en arriver là où nous en sommes ? Y a-t-il quelque chose après la mort ?

Je ne veux pas me précipiter sur l’ouvrage, même si j’ai été tentée de le dévorer en une seule fois. J’ai aimé l’éloge de l’athéisme, que j’ai trouvé d’une grande lucidité : « Ne croyant pas à Dieu, n’espérant aucune récompense, persuadés du néant dans lequel ils entreront à la fin de leur vie, les athées qui auront aimé leur prochain comme eux-mêmes et plus qu’eux-mêmes ont droit au titre de saint. Et seuls ils peuvent espérer être assis à jamais à la droite de ce Seigneur auquel ils ne croient pas. » Un grand débat…

Aussi, à la lecture de ce livre, lavons nous la tête, sourions des bons mots de son auteur, rions parfois, à gorge déployée (ce n’est pas si souvent dans ce monde un peu sans dessus dessous), réfléchissons au sens de la vie et des choses avec humilité et sans dogme d’aucune espèce… Jean d’Ormesson nous permet tout ceci avec simplicité, et méditons sur ses mots : « j’ai eu de la chance, je suis né ».

C’est une chose étrange à la fin que la monde (partie II) : rencontre avec l’auteur

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4 réflexions au sujet de « Jean d’Ormesson : « C’est une chose étrange à la fin que le monde » »

  1. D’ailleurs, en matière de membre de l’Académie, ll se dit que le fameux libraire Gégé Collard, qu’on voit à la librairie Griffe Noire, envisage de se présenter pour devenir à l’Academie Française !!!. Je suis convaincu que ça donnerait un nouvelle élan à la noble institution, foi de Saint Maurien. Qu’en pensez-vous ?

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