Le solo « auto-entrepreneur »

Voilà une petite série qui me trottait dans la tête depuis un moment et que je me décide à démarrer.
Quel statut choisir quand on a le projet de travailler en solo ?

Manifestement, en France, nous avons le choix ! Je vous propose un petit tour d’horizon, en démarrant par un statut récent, dont la notoriété et la controverse n’ont cessé d’alimenter les médias et les forums de discussion : l’auto-entrepreneuriat !
J’aurai d’ailleurs le plaisir de vous présenter le témoignage de Valérie Payotte, Partenaire Webmarketing, créatrice du blog « la Grenouille du Web® », auto-entrepreneur à Angers.

La déferlante de l’auto-entrepreneuriat

Depuis le début de l’année 2011, 50 % des créations d’entreprise sont des auto-entreprises. 359 700 demandes de création sous le régime de l’auto-entrepreneur ont été enregistrées en 2010, soit 12 % de plus que 2009*. Créé par la loi de Modernisation de l’Economie en août 2008, le statut auto-entrepreneur connaît tout de suite un réel engouement ! Et pour cause ! Rapide dans sa mise en place, ce statut offre la possibilité à tout un chacun qui a un talent ou un savoir faire, de développer une activité commerciale, artisanale ou libérale en évitant de se lancer dans des démarches administratives longues, compliquées ou onéreuses.

Une inscription en un clic sur le site http://www.lautoentrepreneur.fr/ suffit !

Ce statut est ouvert à tous, salarié (privé ou public), étudiant, retraité, chômeur. Il entre dans une stratégie décidée par le Gouvernement d’offrir aux français la faculté de percevoir un complément de revenus ou de tester la viabilité d’un projet, sans subir dès facto les charges fiscales et sociales des statuts classiques, tels que le statut libéral, commerçant, EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), SARL (Société A Responsabilité Limitée), SARL Unipersonnelle, etc… Ce statut autorise l’arrêt de l’activité développée sans formalité, du jour au lendemain, sans entrer dans un processus de « liquidation » propre aux autres statuts évoqués plus haut.

Un régime social et fiscal simplissime

L’auto-entrepreneur exerce une activité indépendante commerciale, artisanale ou libérale qui relève du régime d’assurance vieillesse du RSI ou de la Cipav, avec un chiffre d’affaires qui n’excède pas, en 2011** :
81 500 euros pour une activité de vente de marchandises, d’objets, d’aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement,
32 600 euros pour une autre activité de services ou une activité libérale.

Le cumul d’activité est possible (prestation de services et activité commerciale). Le chiffre d’affaires global annuel ne devra pas excéder 81 500 euros et le CA annuel afférent aux activités de services ne doit pas dépasser 32 600 euros.

Le chiffre d’affaires s’entend hors taxe. Tant qu’il n’y a pas de chiffre d’affaires encaissé, il n’y a pas de charge à payer. Les charges sont fixées par un taux unique appliqué sur le chiffre d’affaires, qui est fonction du type d’activité :

13 % du chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel pour toute activité commerciale

20,5 % pour une activité libérale

23 % pour les activités de service

Le détail des cotisation par tranche de CA et type d’activité est accessible sur le site statutdautoentrepreneur.com.

L’auto-entrepreneur facture en franchise de TVA, mais en contre partie, ne peut naturellement pas récupérer la TVA acquittée sur des dépenses afférentes à son activité.

Il ne paie pas non plus de taxe professionnelle pendant trois ans. Cette dernière disposition a été prise in extremis en décembre 2010 par le Gouvernement, suite à la réforme de la taxe professionnelle qui, sans ces nouvelles règles (CFE) faisaient contribuer les auto-entrepreneurs, en raison, non pas de leur chiffre d’affaires, mais de la valeur locative du lieu de travail.

Interview de Valérie Payotte – Partenaire Webmarketing auto-entrepreneur depuis janvier 2010

Valérie s'est installée d'office en auto-entrepreneur en démarrant sa nouvelle activité à Angers en 2010

Valérie a bourlingué entre la France et le Quebec. Cette Lorraine d’origine détient plusieurs diplômes décrochés au Quebec. D’abord Professeur des Ecoles pendant deux ans, Valérie réoriente sa carrière avec deux cursus à HEC Montréal, l’un en Gestion Comptabilité et l’autre en Webmarketing. Valérie s’installera à Montréal sous un statut comparable à celui de l’auto-entrepreneur en France, comme expert comptable/fiscaliste, et exercera pendant dix ans. De retour en France à Angers il y a un peu plus d’un an, Valérie se lance dans une nouvelle aventure, comme auto-entrepreneur.

Valérie, quel est ton métier ?

Je me définis comme Partenaire Webmarketing des TPE. Je réalise des sites Internet à destination des petites structures et j’assure la formation et le coaching quant à leur présence sur le Web dans le domaine du référencement social. Je donne des outils pour comprendre le monde des réseaux sociaux, y être présent intelligemment en fonction des cibles que les TPE visent. J’ai créé récemment le blog « la grenouille du Web® », un blog pédagogique, qui répond à des questions simples : « comment créer une page Facebook pour son entreprise », « comment créer du trafic sur un compte twitter » etc…

Pourquoi cibles-tu avant tout les petites structures ?

Parce que c’est une clientèle dans l’action. Quand je suis arrivée en France, j’étais face à un nouveau défi professionnel. Je me suis appuyée, entre autre, sur mon expérience acquise dans mon précédent métier d’expert comptable et fiscal à Montréal, où je conseillais les toutes petites structures. Ces cibles ont besoin de disponibilité, d’immédiateté et ça me plaît ! Par ailleurs, elles ne sont pas forcément privilégiées par les conseils, alors qu’elles ont besoin d’être épaulées, notamment avec Internet.

D’où la création du réseau CME ? Explique-nous ?

J’ai lancé le réseau CME , le Club des Micro Entrepreneurs et TPE du Grand Ouest, à mon arrivée en France début 2010. Il regroupe aujourd’hui cinq cents entreprises de moins de 5 salariés (TPE, entrepreneurs individuels, indépendants, libéraux, EURL…) tous domaines confondus, des Pays de la Loire : Angers, Nantes, Le Mans, La Roche sur Yon, Cholet. Il m’est apparu essentiel de fédérer ces entrepreneurs, de les réunir, car ils ont des préoccupations communes ! Naturellement ce réseau constitue la base de ma clientèle.

Ce n’est pas ta première aventure entrepreneuriale aujourd’hui…

Effectivement ! J’avais lancé mon cabinet d’expertise comptable et fiscal en tant que travailleur autonome. Au Quebec, il existe deux statuts pour exercer son activité en solo : celui de travailleur autonome, qui existe depuis plus de 10 ans, et qui est un peu comparable au statut d’auto-entrepreneur en France, et la société incorporée, équivalente à la SARL.

Comment fonctionne le statut de travailleur autonome au Quebec ?

Le coût des formalités de déclaration d’activité se monte à 32 $. Il n’y a aucun plafond de chiffre d’affaires à respecter, à la différence du statut français qui est bloqué à 32 600 euros. Le travailleur autonome paie ses impôts sur le bénéfice net en fonction d’un barème progressif. S’il n’y a pas de chiffre d’affaires encaissé, il n’y a pas de charge sociale à payer. Il est possible d’avoir des salariés sous ce statut. Globalement, c’est un système assez souple et simple pour l’entrepreneur.

Que penses-tu du statut d’auto-entrepreneur en France ?

Heureusement qu’il existe ! Je l’ai adopté tout de suite ! C’est un statut très simple d’accès. Je regrette ce plafond de chiffre d’affaires imposé à 32 600 euros par rapport à ce que j’ai connu au Quebec, forcément ! Mais surtout, la grande différence en France par rapport au Quebec, c’est quand même la règlementation en général, assez lourde. Les mentalités sont un peu différentes ici, il y a plus de freins psychologiques dans le fait de se lancer à son compte…C’est dommage…

Comment vois-tu ton avenir ?
Je vais devoir quitter ce statut car j’ai dépassé le plafond légal de chiffre d’affaires. Je prends des conseils. Je resterai en solo pour le moment, j’ai l’habitude et j’aime cette façon de travailler !

Merci Valérie !

*source : INSEE

** source : APCE.com

Publicités

7 réflexions au sujet de « Le solo « auto-entrepreneur » »

  1. Bonjour Olivier,

    On m’as dit que j’avais le droit de dépasser à 34 000€ ce qui reste encore nettement insuffisant pour ma petite entreprise si je me fie aux chiffres du premier trimestre…

    As tu des infos comme quoi il était possible de dépasser plus que ca??

    Valérie

  2. Il y aurait une réflexion en cours pour supprimer le plafond de CA sur le régime de l’AE. En effet, il apparaît que c’est un frein majeur qui n’a plus lieu d’être. Espérons que cette mesure voit le jour rapidement!

  3. nouveau statut : EIRL entrepreneur individuel à responsabilité limitée. à voir, semble être un bon relais au statut d’autoentrepreneur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s