Recherche d’emploi : aux Etats Unis aussi, c’est dur !

hommes d'affaires et bagarreOn imagine souvent que l’herbe est plus verte ailleurs.  Aux Etats Unis, pays de tous les possibles pour les européens, les médias se font régulièrement l’écho du parcours du combattant subi par les candidats à un emploi, quel que soit leur âge. A sa lecture, on y retrouve étrangement ce que subissent les demandeurs d’emploi de la « vieille Europe », comme disent les américains. Les mêmes maux produisant les mêmes effets ?

Aux Etats Unis, les  jeunes qui paient la crise au prix fort, ont du mal à prendre leur indépendance

L’avance des Etats Unis sur les pays occidentaux en matière d’emploi des jeunes dans la tranche d’âge comprise entre 25 et 34 ans s’est érodée depuis dix ans. En 2011, les jeunes américains étaient 26,6% à ne pas travailler, contre 20% des jeunes au Canada et en Allemagne, 21,6% en Grande Bretagne et 22% en France*.  Selon un article de Tom Brady paru dans le New York Times du mois d’avril et traduit par Le Figaro dans son édition du 23 avril 2013, les jeunes ont clairement « des perspectives rétrécies par rapport à leurs parents » !  Selon le Département du Travail, ces jeunes sont le seul groupe d’âge, par ailleurs, dont le salaire moyen en 2013 est inférieur à celui de 2000. Cliff Oxford, fondateur du Centre Oxford pour les entrepreneurs, relate dans un article du New York Times du mois d’avril « que les jeunes… ont oublié leur rêve d’indépendance » et sont disposés à faire des compromis, contrairement à leurs parents au même âge ! Selon Robert A. Moffitt, économiste à l’Université Johns Hopkins du Maryland, la crise à engendré un comportement attentiste des entreprises. Alors que les signaux de la reprise économique sont au vert par rapport à de nombreux pays occidentaux, il se crée peu d’emplois. Pourquoi ?

« Les entreprises font plus avec moins »

Il n’y a jamais eu autant d’emplois à pourvoir aux Etats Unis depuis la fin de la crise, en 2009, selon les économistes Steven J. Davis, Jason Faberman et John Haltiwanger : 4 millions, pour 12 millions de chômeurs. Les postes restent cependant vacants très longtemps, les entreprises vivant dans la crainte permanente que l’économie ne ralentisse à nouveau. Les délais de recrutement sont très longs, les entretiens multipliés en l’envi. Les candidats relatent des processus de recrutement identiques à ceux que connaissent les demandeurs d’emploi en France. Sept ou huit entretiens ne sont pas rares sur plusieurs semaines… pour au final n’embaucher personne, selon Robert Shimer, professeur d’économie à l’Université de Chicago. Ce dernier explique que les recruteurs et les entreprises font subir aux candidats des processus de recrutement interminables étant à la recherche du « mouton à cinq pattes » ! L’abondance des candidats, la disponibilité des travailleurs en poste qui ne refusent pas de relever leurs manches pour absorber la charge de travail d’un emploi resté vacant dans une entreprise – en raison de l’instabilité de l’emploi – sont deux phénomènes pernicieux. Les entreprises publient une offre, la supprime et la republie quelques mois plus tard. Pire pour nous, européens ! Certains candidats reçoivent des médailles d’or ou d’argent lors de recrutements, pour avoir participé avec succès à des séries d’entretiens, qui oscillent entre 10 et 20 heures. Réussite parfois non suivie d’un vrai emploi.

L’eldorado viendra-t-il aussi des réseaux sociaux ?

La plupart des recruteurs cherchent des candidats uniquement sur le Web. Ne pas être présent sur Internet est un désavantage. Les recruteurs recommandent de mettre en ligne son CV sur les sites dédiés, notamment LinkedIn, Twitter. De savoir manier l’humour pour se filmer et poster sa vidéo sur YouTube, ou encore d’avoir son blog, outil qui selon Barbara Safani, propriétaire d’une société de gestion de carrière à New York, « peut prouver que vous êtes un leader ».

Aide toi et le Ciel t’aidera !

Notre reporter, David Leonhardt, s’étonne de l’optimiste de la classe d’âge des 20-30 ans, dans une Amérique qui laisse pourtant ses jeunes sur le bord de la route. Les sondages démontrent un certain optimisme dans cette génération, supérieure aux autres générations. Et de conclure qu’il en faudra, de l’optimisme, pour faire face à l’effondrement du nombre de créations d’emploi.

* source New York Times, article de David Leonhardt, mai 2013.

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