Recherche d’emploi : « Alors, t’as des pistes ? »

depart.course.Définition du mot « piste » dans le dictionnaire : trace, empreinte, indice ou direction permettant d’orienter une recherche. 

Acte I de la recherche d’emploi : la stratégie

Dans l’acte I, le demandeur d’emploi met tout en place : c’est le plan de com’ en fait, si on y réfléchit bien et si on veut bien m’accorder cette analogie. Quels sont ses atouts, ses faiblesses, quel est l’état du marché du travail (ici, l’analyse est rapide, c’est peu glorieux, avec plus de 5 millions de chômeurs en France…), quelles sont les entreprises intéressées potentiellement par sa candidature (personnellement, je ne fais aucun envoi en masse, je pense que ça ne sert strictement à rien !), comment envoyer sa candidature (Mail ? Lettre papier ? Les deux ?), quand envoyer sa candidature etc… Ensuite, il faut attaquer la création des outils : le ou les fameux CV, la lettre de motivation type, ou pas (dans mon cas, elle est rarement typée et tout le temps personnalisée, c’est pour ça que je peux y passer parfois deux heures), et se lancer. A ce stade, vous êtes dans l’action et vous n’avez pas encore la pression de la réponse. Ni pour vous, ni par les autres.

Acte II de la recherche d’emploi : « Alors t’as des pistes ? »

Au bout d’un certain délai estimé « politiquement ou stratégiquement raisonnable au vu de la situation catastrophique du marché du travail », plus de trois mois mais moins de six mois, vos amis, connaissances, vous posent la fameuse question : « T’as des pistes ? ». Parfois avec l’air du médecin qui demande à son patient atteint de dépression comment il se porte : on sent tout de suite qu’il ne peut rien pour lui, mais il essaie. C’est gentil et… flippant. Quand vous avez toujours travaillé – sans période de chômage – voire beaucoup travaillé sans vous en rendre compte – suivez mon regard -, en résumé quand le travail n’a jamais été un problème, vous entendez la dimension existentielle de la question : « T’as des pistes ? »

Réponse évasive : « Mouais… quelques contacts, à voir… ». Réponse battante (qui me stressait à mort au début de mes recherches, et avec laquelle j’ai pris beaucoup de distance…) : « Deux rendez-vous successifs avec le DG d’une boite de consulting, et un autre avec le DRH d’un grand groupe international. Trois déplacements à Paris, Lyon, Bordeaux en dix jours. Une offre de partenariat pour monter une filiale en Hongrie. » (n’en jetez plus !). Réponse démotivée : « J’en ai ras le bol, de toute façon il manque toujours quelque chose dans mon CV : une expérience, un diplôme, le saut à l’élastique ou le triple salto arrière pour être convoqué(e) à un entretien ». Réponse optimiste : « C’est une question de chance, de moment propice dans la rencontre entre l’offre et la demande, ça finira par aboutir, c’est écrit« . Réponse colérique : « J’ai envoyé 300 CV et rien, RIEN ! C’est à croire que personne ne lit ses mails, ou bien les candidatures passent à la corbeille… Personne ne prend plus le temps de répondre à une lettre que tu as mis trois heures à pondre (ça, c’est pas tout à fait faux…). Je vais me rapprocher du Ministère du Travail, on doit bien pouvoir faire quelque chose !« 

Je n’aime pas le mot « piste », c’est inefficace et usant pour le moral

Je n’aime pas le mot « piste », parce que j’aime l’action, ce qui est « carré » et ce qui avance. Par ces temps de crise, les pistes, de surcroît, risquent de rester un long moment… des pistes ! Egalement peut être parce que je ne crois que ce que je signe. Avant, je ne croyais que ce que je voyais. J’ai changé et j’ai mis la barre un cran au dessus. Il est vrai que comme beaucoup de travailleurs de ma génération, nous avons vécu avec l’épée de Damocles du chômage au dessus de la tête, comme les jeunes générations d’aujourd’hui. C’était déjà comme ça il y a vingt ans. Les embellies des années 70 et 80, nous n’avons pas connu !

Ensuite comme prestataire freelance, il a fallu sans cesse prouver que j’étais au niveau, me former en permanence par moi-même, éviter d’être has-been, pour décrocher un job à 100 euros, 1 000 euros ou 10 000 euros. Même exigence quel que soit le tarif. On ne vous fait pas vraiment de cadeau. Alors donc les pistes, en matière d’emploi, et si j’en juge par l’expérience de mes collègues demandeurs d’emploi adhérents à l’association CTP37 (entraide des cadres dans la recherche d’emploi à Saint Cyr sur Loire) que je croise toutes les semaines, finissent quand même souvent dans les orties… On a pensé que, il s’est avéré que, il y a eu intention de… etc. avec les revirements d’usage… le plus souvent démotivant. Un conseil, oubliez les pistes !

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