Il faut vous former ma bonne dame !

Indépendants, nous sommes la cible inlassable des offres commerciales en tous genres...  © davis - Fotolia.com
Indépendants, nous sommes la cible inlassable des offres commerciales en tous genres…
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Oui ! Pour 17 500 euros, vous avez droit au master formation diplômant manquant sur votre CV. Dynamisez votre parcours professionnel pour « tenter » de vous démarquer sur un marché de l’emploi où même les loups se mangent entre eux. A ce tarif là, j’imagine bien optimiser mon parcours. Encore que si vous voulez mon avis, par les temps qui courent, je n’y crois pas… J’ai relu le chiffre trois fois, je ne me trompe pas. Le problème n’est pas tant le montant, mais plutôt la façon de faire : balancer des annonces commerciales sur les réseaux sociaux professionnels sans s’intéresser un minimum au statut de la cible. C’est fatiguant.

Freelance, cible inlassable des offres commerciales professionnelles…

Le freelance attire comme une mouche les commerciaux de tous horizons : placements financiers, assurance, investissement dans la pierre, conseil en gestion de patrimoine, assurance handicap vieillesse… même ma banque, qui se plaît de temps à autre à me taxer de frais à taux plein pour découvert de quelques euros, trouve le moyen dans le même temps de vouloir me rencontrer pour me vendre un produit financier ! « Elle veut me parler ». Mais avec quel argent grand Dieu veut-elle que j’investisse ? Elle est bien placée pour voir l’évolution de mes comptes… C’est parce que nous sommes une cible facile à atteindre par rapport à de grands groupes où il faut passer des barrages : secrétaires, logisticiens, acheteurs, marketeurs, que sais-je encore ?  Cela va sans dire.

La formation a bon dos…

J’ai remarqué que le domaine de la formation est devenu comme le domaine de la communication : on y côtoie le meilleur comme le pire ! Normal, impossible de juger objectivement. Le retour sur investissement n’est jamais garanti. Les excès sont donc permis, même si des principes de certification, labellisation etc… viennent cautionner l’investissement des formés. Mais les tarifs restent à l’avenant, hélas… Et dans ce domaine certains organismes de formation qui ont pignon sur rue n’hésitent pas à vous proposer le chiffre cité plus haut : 17 500 euros pour un cursus diplômant pour booster votre carrière. Mais il existe des formations au coûts bien plus élevés. Pourquoi se priver ? La formation est une cause nationale pour lutter contre le chômage, pas la communication. Dont acte.

Inégalité d’accès à la formation, une réalité en France

La France se targue  d’avoir redressé la barre dans l’accès à la formation professionnelle tout au long de la vie, mais c’est faux, évidemment. Mes amis freelance le savent bien. Il n’y a pas qu’eux, mais pour nous, c’est un scandale. Mais comme nous sommes éparpillés sur le territoire, nous payons, on nous encaisse, et cela suffit au bonheur de notre Administration sociale et fiscale tentaculaire. La formation ? Ce machin là est-il utile pour les travailleurs indépendants ? De quoi j’me mêle ! Ils ont une expertise, ils vont l’user jusqu’au bout… Ils vont se débrouiller. Il y a belle lurette que le FIFPL se fait tirer l’oreille, à commencer par pouvoir être joint par téléphone, pour avoir le début du commencement d’une réponse sur les conditions d’accès au financement de la formation. Quant à la procédure à suivre, c’est un véritable parcours du combattant, instituée, à croire, pour nous dissuader. Même le type de formation finançable est cadré. N’imaginez pas changer de voie avec le FIFPL, comme il est possible de le faire pour des millions de salariés en France. Seules les formations dans votre domaine d’activité sont finançables je vous dis, enfin… étudiables !

J’ai envisagé, en 12 années d’indépendance,  je dis bien « envisager », de me faire financer des cours d’anglais. Quand on travaille dans la communication, ça parait normal surtout dans la catégorie professionnelle communication-marketing, quand on sait que l’anglais est la deuxième langue parlée au monde, on peut imaginer la chose faisable… Et bien non ! La réponse a fusé après plusieurs jours de harcèlement téléphonique : « Voilà plusieurs années que nous ne finançons plus les cours d’anglais ». « Ah bon. J’ai bien vu que ce n’était pas précisé sur le site Internet, mais on ne sait jamais. » Ben, si c’est pas précisé, c’est même pas la peine d’en parler ! En 14 ans d’indépendance j’ai financé seule les dizaines de stages suivis dans des associations professionnelles de renom dans mon domaine d’activité, ou encore, les fameux cours d’anglais. Je n’en tire pas gloire, c’est comme ça. D’ailleurs, c’est ça ou rien !

Ce fût la goutte d’eau…

Alors la petite dame qui m’envoie, sur un réseau social professionnel, une énième offre commerciale sur son cursus master à 17 500 euros mes les a brisé menus ! J’ai vu rouge et je lui ai répondu cette fois ci. Je ne m’appelle pas Crésus, il faut qu’elle se mette une fois dans sa vie dans la peau du freelance qui contacte le FIFPL par exemple, bref, qu’elle fasse son job correctement avant d’arroser à tout va, notamment parce que j’ai redéfini mon profil « formatrice en communication ». Ces organismes qui vous sollicitent pour dépenser de l’argent chez eux par dizaine de milliers d’euros ne s’intéressent pas à votre expertise formation. Vous êtes transparent professionnellement. Si j’avais 17 500 euros à dépenser, je les mettrai ailleurs que dans une formation diplômante. J’ai encore des travaux à terminer chez moi, des aménagements intérieurs comme des rideaux à poser un peu partout dans la maison, investir dans un beau canapé, ou encore voyager … Je l’ai écrit à mon interlocuteur qui, soit sera assez intelligent pour « atterrir » et se rendre compte qu’il est dans un système grande entreprise qui dépense l’argent sans compter pour tout, bien loin de l’univers des indépendants ; soit s’indignera de ma réponse, et auquel cas restera dans ses certitudes imbéciles. Mais j’ai des doutes sur la première partie de la proposition. Il faut parfois « vivre les choses » pour les comprendre. Ca s’appelle aussi l’expérience.

 Bilan ? Deux mondes s’opposent et ne se comprennent pas. La faute à qui ?

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