Les clichés qui ont la vie dure dans mon métier

Faire de la communication, c’est faire de la pub quoi !

Quand on m’interroge sur le métier que j’exerce, je pense, avec le temps, que je ne sais plus vraiment comment formuler les choses. Comment en suis-je arrivée là  ?  Alors que cela fait 18 ans que je pratique la communication d’entreprise ? Alors qu’on n’a jamais autant misé, parlé, encensé, dénigré  la communication dans notre société ? Alors qu’on n’a jamais autant développé les formations aux différents métiers de la communication ces 15 dernières années ? Alors qu’on n’a jamais autant disserté sur les métiers de la communication en général  ?

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Se faire démarcher au téléphone : « esscousez, moi y’en a pas parler français ! »

D’abord le téléphone sonne, je décroche puis plus rien… silence radio… Allo ? Allo ? Je me présente en déclinant nom et prénom… Toujours rien, puis au moment où je vais raccrocher en me disant « c’est une erreur », j’entends, au loin, très loin, comme si les lignes téléphoniques dataient du début du siècle, une voix inconnue qui se présente par son nom et prénom de la société S.Y.W ; B.I.E ; Z.O.T ; A.E.I. et j’en passe !

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Un consultant externe missionné au long cours par un client : l’art de rester indépendant


Abordons le sujet du freelance qui se voit confier une mission au long cours par un client dans son métier, dont il devient littéralement le chef d’orchestre. C’est assez régulier. Il est tentant de penser que que de percevoir des revenus réguliers, comme un salarié, est idéal… En fait, cette situation peut créer une dépendance pour le freelance, si l’on ne cadre pas les choses tout de suite.

Car ne nous y trompons pas, un client qui demande à un freelance de gérer l’ensemble des aspects de ses dossiers dans un domaine d’activité (la communication, la formation, l’informatique…), vous substitue à une charge salariale interne, en prenant beaucoup moins de risques (financier et de personnel), que s’il s’agissait d’une embauche.

Le travail sera toujours bien fait puisque vous avez une conscience professionnelle supérieure : installé à votre compte, il vous est interdit de décevoir.

On appelle cela « externaliser » des dossiers, des projets, une prestation. Jamais externaliser un poste de travail d’ailleurs. Il s’ensuit parfois, avec le temps, un certain flou artistique dans l’étendue de la prestation, qui peut transformer la mission chef d’orchestre en mission énergivore.

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Communication interne, les différentes facettes du métier

la communication interne existe dans une entreprise parce que la Direction le veut

Je m’étais promis que l’un des premiers papiers que j’écrirais sur une facette de mon métier, ici, porterait sur  la communication interne en entreprise. Ayant assumé la fonction de communiquant interne pendant 7 ans dans une grande entreprise du Nord faisant partie d’un groupe de VAD ( société qui au cours de ces 7 ans a connu une explosion de son effectif en passant de 350 à 1200 salariés),  je voulais transmettre un peu d’expérience. Et puis aussi parce que j’ai continué à assurer des prestations en communication interne que j’ai trouvées très riches. Elles ont forgées mes convictions sur ce métier.

J’ai dispensé des cours aussi dans ce domaine pendant presque 10 ans, auprès de jeunes gens qui se destinaient à devenir de fringants communiquants… externes ! J’en ai vu  quelques uns évoluer dans leur projet professionnel entre le début et la fin de l’année,  et se décider pour la carrière de communiquant interne… à mon grand plaisir.

Plonger dans la communication externe est plus ludique au premier abord, c’est sûr, surtout avec le Web aujourd’hui (encore que !), face à l’opiniâtreté dont il faut faire preuve pour s’approprier la reconnaissance de ses collègues en entreprise, quand on élabore  la communication interne. On y apprend à être humble, et que jamais rien n’est acquis ni gagné d’avance.

Pourquoi la communication interne est-elle encore trop souvent négligée, un peu reléguée ? Communiquer vers les salariés est-il moins glorieux ou important que communiquer vers les médias ? Est-ce que cela rapporte moins à l’entreprise ? Evidemment non !

Sans généraliser, il faut regarder l’histoire de l’entreprise et aussi, l’homme (le plus souvent) ou la femme à la tête de cette structure pour comprendre si la communication interne existe. Cette dernière vit parce qu’il y a une volonté de la Direction Générale de communiquer.  C’est un poncif  ! Mais je le constate hélas tous les jours, dans mes relations avec les clients. Je dirai même que la communication interne, c’est une question… de personnalité, de vision de celui ou de celle qui est à la direction de l’entreprise, que cette dernière soit une TPE, PME ou un grand groupe. Cette personne donne l’impulsion, et le reste suit.

J’ai croisé des PME où la communication interne était une réalité de tous les jours et où chacun se sentait bien, et des grandes entreprises où malgré la multiplicité des supports, les salariés se posaient des questions sur le sens de leur mission.

Quelles sont les différentes facettes de la communication interne ?

– C’est un métier de ressources humaines,  il nécessite des convictions fortes, de s’intéresser et d’être à l’aise avec les valeurs humaines de l’entreprise. Beaucoup d’entreprise rattachent la communication interne à la DRH. Elle prend alors toute sa dimension : faire partager une culture commune à l’ensemble des salariés, des valeurs d’entreprise, en expliquant à chacun le sens de son action dans la réussite globale de l’entreprise et donner au management un vrai rôle de partage, au delà de la simple transmission de l’information.

On pense à tord, à mon avis, que cette place sous hiérarchie de la DRH est mauvaise, parce qu’on imagine « manipuler » le discours dispensé aux salariés. Mais on manipule l’information à tous niveaux ! Je dirais même que la manipulation vient avant même d’atteindre la DRH : des managers eux mêmes, qui s’autocensurent. Et le positionnement de la communication interne au sein d’une Direction de la communication globale n’échappe pas à cet écueil ! Les mots sont toujours pesés, dès que l’entreprise veut communiquer, que ce soit en interne ou en externe !

la communication interne est un métier qui demande persévérance

C’est un métier de persévérance. Il est beaucoup moins honorifique ou gratifiant que la communication externe : pas de risque de se voir citer dans la presse en cas de réussite d’une opération…mais plutôt des poignées de mains bien franches le lundi matin… Et en cas d’échec… notre crédibilité de communiquant est mise à rude épreuve ! Il faut reconquérir la confiance interne, remettre l’ouvrage sur le métier… notre égo doit être minimaliste, en com’interne.

C’est un métier de cohérence. Toujours rester en phase entre ce qui se passe dans l’entreprise et ce qu’on divulgue à l’extérieur. D’accord, avec les outils Internet, les médias toujours plus puissants, il est parfois difficile de passer au travers des mailles du filet ! Il faut savoir filtrer. Ca c’est le boulot d’un DG, et d’un directeur ou directrice de Com’ et aussi… de leurs troupes !

C’est un métier créatif ! Evidemment, il n’y a pas que dans la pub où on a le droit de se faire plaisir ! Pour les salariés, que nous pouvons considérer comme nos clients internes, soyons audacieux ! Imaginons des actions de communication hautes en couleur ! Quelques exemples des événements que j’ai mis en place pour les salariés sur un mode créatif ou ludique : le visionnage en avant première de la première pub télé de mon entreprise de l’époque, pub diffusée en prime time sur TF1,  sous forme d’avant première de cinéma, avec distribution de glaces et bonbons ; des cars anglais transformés en maisons numériques mobiles se déplaçant sur différents sites de la métropole de Lille où étaient regroupés les salariés, pour l’inauguration de l’Intranet d’entreprise…

Enfin, c’est un métier où les budgets sont chiches ! La plupart du temps. Même si personnellement je n’ai pas connu cette situation comme animatrice de la communication interne, et absolument tout le temps comme consultante externe pour les entreprises clientes ! Pourquoi ce raccourci de raisonnement ? Parce qu’il est impossible d’atteindre un retour sur investissement avec un capital humain qui se traduirait en pourcentage de marge sur de beaux tableaux Excel, comme on le ferait avec des paquets de lessive ! On sait très bien qu’on investit en communication interne pour le bien de l’entreprise et des salariés. Arrétons l’hypocrisie. Inutile de vouloir comptabiliser sur une échelle de 1 à 10 le plaisir au travail, le niveau de satisfaction d’informations pour exercer sa mission, l’ambiance  avec les collègues, le sentiment d’appartenance à une enseigne dont on est fier, à l’extérieur !

C’est un métier dont on a besoin, maintenant, en cette période économique tendue, perturbée, qu’on appelle « de crise » et pourtant c’est un domaine qui a du mal à gagner ses lettres de noblesse. Cependant, il suffit d’ouvrir les yeux, de regarder autour de soi, ses parents, frères ou soeurs, cousins ou cousines, amis… vous les entendrez parfois se plaindre du manque de communication « avec le chef » au travail qui a des conséquences sur leur moral, de la mauvaise ambiance parce qu’on ne sait rien de ce qui se « trame là-haut », de leur frustration en lisant une annonce de fusion avec une autre entreprise dans les médias par exemple… Il serait si simple de faire autrement et tellement plus profitable pour tous, à commencer par l’entreprise elle même.

(partie I)