Quand Jean d’Ormesson raconte une rencontre d’amour improbable

couv.roman.jean.dormessonChapitre XXX.

C’était le début du printemps. Il avait plu. Le soir tombait. J’avais vieilli comme tout le monde. Je venais de la rue du Cherche-Midi où j’avais passé une heure avec Michel Mohrt, le plus ancien de mes amis, l’auteur breton, délicieux et souvent irrité de « La Prison maritime ». Au carrefour de la rue du Cherche-Midi, de la rue de Sèvres et de la rue de Grenelle, je venais de m’engager, vers Saint-Sulpice et la Sorbonne, dans la rue du Vieux-Colombier, lorsque j’aperçus devant moi, un foulard autour de la tête, la silhouette d’une jeune femme prise dans un de ces imperméables qu’on appelait naguère un trench-coat.

Parce que je pensais sans cesse à elle, je me dis en un éclair qu’elle ressemblait à Marie. En passant à sa hauteur, je murmurai très bas :

– Marie…

Elle tourna la tête, c’était elle.

– Marie ! m’écriai-je.

– Tiens ! me dit-elle, c’est toi.

C’était moi.

Nous ne nous sommes plus quittés.

Jean d’Ormesson l’avoue lui même, dans sa vie, il a eu de la chance. Il avait perdu Marie, l’amour de sa vie, jeune, un peu aussi par sa faute, il l’admet. Il ne cessa de l’aimer pourtant, et la retrouvera plus tard, de façon aussi improbable que celle qu’il décrit. Ca me fait rêver cette histoire… Pas vous ?

Pour Jean d’Ormesson, « Ecrire, c’est difficile »

Je me suis rendue cet après midi à la conférence dédicace du dernier ouvrage de Jean d’Ormesson, « C’est une chose étrange à la fin que le monde » au Furet du Nord à Lille. J’ai lu l’information dans la presse, ce matin… comme quoi le bon vieux papier en presse est encore utile… Et j’avoue que cette rencontre avec le romancier tombait plutôt bien.

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